Un poste d’assistant manager comptable en family office offre souvent bien plus qu’un poste équivalent en cabinet – à condition de savoir quoi demander. Pourtant, peu de candidats connaissent précisément les dispositifs de congés auxquels ils peuvent prétendre, ni la convention collective qui s’applique à leur contrat.
Le rôle d’assistant manager comptable dans un family office
Un family office n’est pas un cabinet comptable, ni une holding classique. C’est une structure dédiée à la gestion patrimoniale d’une ou plusieurs familles fortunées, avec des actifs qui peuvent dépasser plusieurs centaines de millions d’euros. L’assistant manager comptable y occupe une position hybride : il supervise la comptabilité des entités détenues (SCI, holdings, participations), coordonne les prestataires externes et produit un reporting consolidé à destination des décideurs familiaux.
Ce périmètre est plus large qu’en entreprise classique. Il inclut souvent la comptabilité multi-supports (immobilier, private equity, actifs cotés), la liaison avec les gestionnaires de fortune et les fiscalistes, et parfois la supervision d’un ou deux collaborateurs comptables. Les frais de fonctionnement d’un single family office atteignent en moyenne 3 millions d’euros par an selon le JP Morgan Global Family Office Report 2024 – ce qui traduit des équipes réduites mais des exigences élevées.
La confidentialité est une contrainte structurelle du poste. Vous travaillez sur des données patrimoniales sensibles, souvent sans les protections collectives d’une grande entreprise. En contrepartie, la proximité avec les décideurs et l’autonomie opérationnelle sont réelles.
Quels congés supplémentaires peut-on obtenir dans un family office?
Le point de départ légal est identique à toute entreprise : 25 jours ouvrés de congés payés annuels. La différence se joue sur les couches supplémentaires, négociées ou conventionnelles.
- Les RTT : si l’accord d’entreprise prévoit un forfait jours ou une durée hebdomadaire supérieure à 35h, des jours de réduction du temps de travail s’accumulent. Dans les family offices organisés en sociétés financières, des forfaits de 218 jours travaillés par an génèrent mécaniquement une dizaine de RTT.
- Les congés d’ancienneté : la convention collective des sociétés financières prévoit généralement 1 à 2 jours supplémentaires par tranche d’ancienneté (souvent à partir de 5 ans).
- Les repos compensateurs : si votre poste implique des heures supplémentaires récurrentes, le droit à un repos compensateur s’applique selon les modalités légales en vigueur.
- Les jours conventionnels ou contractuels : certains family offices accordent 2 à 5 jours supplémentaires par contrat, sans lien avec une convention collective.
Dans les structures de petite taille, tout se négocie directement. Un candidat bien positionné peut obtenir 30 à 33 jours ouvrés de congés annuels, soit une semaine de plus que le minimum légal.
Convention collective applicable et avantages salariaux associés
La question de la convention collective est souvent floue dans les family offices français. La réponse dépend du statut juridique de la structure. Si elle est immatriculée comme société de gestion de portefeuille ou société financière, c’est la convention collective des sociétés financières (IDCC 2120) qui s’applique. Si la structure est une holding pure, la convention collective des holdings (IDCC 1381) peut s’appliquer.
La convention des sociétés financières est avantageuse pour les cadres : elle prévoit des classifications précises, une prime d’ancienneté annuelle progressive, et des dispositions sur le télétravail et le forfait jours. Pour un assistant manager positionné en catégorie cadre (ce qui est généralement le cas), les avantages en termes de congés sont supérieurs à ceux d’un salarié non-cadre.
Le bulletin de paie doit faire apparaître l’intitulé de la convention applicable. Si ce n’est pas le cas lors de la remise du contrat, demandez-le explicitement avant signature.
Les family offices français recrutent-ils différemment des autres structures financières?
Selon Décideurs Magazine, plus de 60 family offices ont été créés en France ces dix dernières années. Cette croissance rapide, dans un pays qui figure parmi les trois premiers marchés européens d’UHNWI (ultra high net worth individuals, avec un patrimoine supérieur à 30 millions de dollars), produit un marché de l’emploi spécifique.
Les family offices recrutent de manière confidentielle, souvent via des chasseurs de têtes ou le réseau direct des familles. Les offres publiques sont rares. En conséquence, les packages sont négociés au cas par cas, sans grille salariale rigide. C’est un avantage pour un candidat expérimenté : la marge de manœuvre sur les avantages en nature (véhicule de fonction, mutuelle haut de gamme, intéressement) et les congés est réelle.
La taille réduite des équipes joue aussi. Avec 5 à 15 collaborateurs dans un multi-family office, chaque recrutement est stratégique. Perdre un assistant manager comptable compétent coûte cher en termes de continuité opérationnelle – ce que vous pouvez utiliser en négociation.
Négocier ses conditions de travail lors d’un recrutement en family office
Le timing compte. La meilleure fenêtre pour négocier les congés et les avantages se situe après la réception d’une offre formelle, mais avant la signature. Aborder le sujet trop tôt fragilise votre position ; trop tard, et la marge se réduit.
Sur quels points les family offices ont-ils habituellement de la flexibilité ?
- Les jours de congés supplémentaires contractuels (2 à 5 jours au-delà du conventionnel)
- Le télétravail (1 à 2 jours par semaine, de plus en plus standard)
- La prise en charge d’une mutuelle cadre de qualité
- Une prime discrétionnaire annuelle liée aux résultats patrimoniaux
- Le remboursement de formations comptables ou fiscales (DEC, certifications spécialisées)
En revanche, les structures familiales sont souvent moins flexibles sur la rémunération fixe à court terme, car elles gèrent un budget de fonctionnement contraint. Mieux vaut concentrer la négociation sur les avantages non monétaires, qui ont une valeur réelle sans peser directement sur la masse salariale.
Un dernier point pratique : si votre contrat prévoit un véhicule de fonction et que celui-ci est retiré en cours de contrat, des règles précises encadrent le calcul de la compensation due. Vérifiez que cette clause figure explicitement dans votre contrat avant de signer.
Rejoindre un family office en France en 2024, c’est entrer dans une structure qui gère parfois plus d’actifs qu’une PME régionale – avec une équipe de la taille d’un bureau d’avocats. Ceux qui comprennent cette réalité avant la négociation partent avec une longueur d’avance.
Laisser un commentaire
Voir les commentaires