Un service de messagerie né avant Google, qui a survécu à deux rachats successifs et continue de fonctionner 27 ans après sa création : voilà le paradoxe de Netcourrier.
Beaucoup d’utilisateurs cherchent aujourd’hui à se reconnecter à leur ancien compte sans savoir que le service existe encore, sous un nouveau nom. Ce qui suit répondra à leurs deux questions en même temps.
Netcourrier, c’est quoi ? Histoire d’une messagerie française pionnière
Tout commence en 1998, quand Pascal Voyat et Philippe Lenoir lancent Francemail depuis la région parisienne. Le concept est ambitieux pour l’époque : proposer une messagerie en français, accessible non seulement par Internet, mais aussi via le Minitel et le téléphone.
En 1998, moins de 20 % des foyers français disposaient d’une connexion Internet – cette multi-accessibilité avait donc un sens concret.
En 1999, le groupe Lagardère rachète le service et le rebaptise NetCourrier. La machine médiatique du groupe lui offre une visibilité nationale, et le service accumule des utilisateurs pendant toute la décennie 2000. La gestion par un grand groupe apporte des ressources, mais aussi une distance entre le service et ses créateurs d’origine.
En 2007, Pascal Voyat et Philippe Lenoir reprennent les commandes via leur société Mail Object, basée à Saint-Maur-des-Fossés dans le Val-de-Marne.
Ce rachat marque un tournant discret mais structurant : le service redevient indépendant, géré par une PME française qui va lui faire traverser les années suivantes avec une stratégie de renommages successifs plutôt que de croissance spectaculaire.
En 2012, NetCourrier devient Net-C, consolidant sous une même bannière une série de domaines – net-c.com, netcourrier.com, netcmail.com, netc.eu, netc.fr, francemel.fr.
Puis en 2019, ultime changement d’identité : Net-C devient Mailo. En 2025, le service fonctionne donc depuis plus de 27 ans, ce qui en fait l’une des messageries indépendantes les plus anciennes encore actives en France.
Quelle est la relation entre Netcourrier et Mailo?

La réponse courte : Netcourrier et Mailo sont le même service, à des époques différentes. Il n’y a pas eu de migration, de fusion ou de rachat entre deux entités distinctes. C’est une seule et même infrastructure qui a changé de nom à deux reprises – d’abord en Net-C en 2012, puis en Mailo en 2019.
Les adresses @netcourrier.com n’ont pas été supprimées. Si vous en possédez une, elle fonctionne toujours aujourd’hui et reçoit les mêmes mises à jour que les nouvelles adresses @mailo.com ou @mailo.fr. Le domaine netcourrier.com reste actif et continue de recevoir les e-mails entrants normalement.
L’accès se fait désormais via mail.mailo.com, le portail central du service. Vous pouvez vous y connecter avec votre identifiant @netcourrier.com sans aucune manipulation préalable. Le passage à Mailo n’a pas exigé de réimportation de contacts, de changement de mot de passe, ni de validation d’un nouveau compte.
Comment se connecter à son compte Netcourrier aujourd’hui?
La connexion se fait exclusivement via mail.mailo.com. Sur cette page, vous saisissez votre adresse complète (par exemple votrenom@netcourrier.com) et votre mot de passe habituel. Le portail reconnaît tous les anciens domaines : @netcourrier.com, @net-c.com, @netcmail.com, @lavache.com, @mailoo.org, entre autres.
Si vous avez oublié votre mot de passe, la procédure de réinitialisation génère un lien temporaire envoyé à votre adresse de récupération. Ce lien est à usage unique et expire après 24 heures. Si vous n’avez pas configuré d’adresse de récupération à l’époque, ou si cette adresse n’existe plus, le support Mailo peut traiter les demandes de récupération manuelle.
Pour les utilisateurs qui souhaitent accéder à leur messagerie via un client externe (Thunderbird, Apple Mail, Outlook), voici les paramètres à configurer :
| Protocole | Serveur | Port | Chiffrement |
|---|---|---|---|
| IMAP (réception) | mail.mailo.com | 993 | SSL/TLS |
| SMTP (envoi) | mail.mailo.com | 465 | SSL/TLS |
Votre identifiant dans le client mail correspond à votre adresse e-mail complète, avec le domaine d’origine (@netcourrier.com, @net-c.com, etc.). Le protocole POP3 est techniquement supporté, mais IMAP reste préférable si vous consultez votre messagerie depuis plusieurs appareils.
Quelles sont les offres et fonctionnalités proposées par Mailo/Netcourrier?

Le service propose trois niveaux d’abonnement. L’offre gratuite – Mailo Free – donne accès à 1 Go de stockage pour les e-mails et 500 Mo pour les documents, avec un antivirus intégré qui analyse les pièces jointes à la réception. Pour un usage personnel standard, ce quota est suffisant si vous archivez régulièrement vos messages.
L’offre Premium à 1 €/mois augmente significativement les capacités et débloque plusieurs fonctionnalités avancées. Les options Premium+ permettent d’étendre le stockage jusqu’à 500 Go, ce qui positionne Mailo dans une gamme comparable à certains services payants généralistes.
- Mailo Free : 1 Go mail, 500 Mo documents, antivirus, accès webmail et IMAP/SMTP
- Mailo Premium : à partir de 1 €/mois, jusqu’à 100 alias d’adresses e-mail, stockage étendu
- Mailo Premium+ : jusqu’à 500 Go de stockage, fonctionnalités collaboratives avancées
Le point de différenciation technique le plus sérieux reste le chiffrement OpenPGP avec des clés RSA de 4 096 bits. Ce niveau de chiffrement est rarement proposé en standard sur les messageries grand public. Il permet un chiffrement de bout en bout des e-mails échangés entre utilisateurs qui activent cette fonctionnalité.
Pour des profils sensibles à la confidentialité des communications – avocats, médecins, journalistes, dirigeants – c’est un argument qui mérite d’être pris au sérieux.
Les 100 alias disponibles en formule Premium sont également utiles pour compartimenter ses usages : une adresse pour les newsletters, une autre pour les démarches administratives, une autre pour les clients. Techniquement, tous les alias arrivent dans la même boîte, mais chacun peut avoir ses propres règles de filtrage.
Netcourrier face aux problèmes de connexion : causes et solutions
Le premier réflexe quand une connexion échoue est souvent de penser à un piratage. En pratique, la majorité des blocages provient du navigateur lui-même ou d’une mise en veille sécurité du compte. Mailo peut suspendre temporairement l’accès à un compte resté inactif pendant une longue période, en particulier sur les comptes gratuits.
Les problèmes liés au navigateur se manifestent souvent par des pages qui ne se chargent pas, des formulaires qui ne répondent pas, ou des déconnexions intempestives.
Dans ce cas, vider le cache et les cookies du navigateur résout le problème dans la majorité des cas. Tester avec un autre navigateur permet de confirmer rapidement si la cause est là.
- Page de connexion bloquée : vider le cache du navigateur, désactiver les extensions (bloqueurs de publicité en premier)
- Compte en veille sécurité : utiliser la procédure de réinitialisation de mot de passe pour réactiver l’accès
- Lenteur sur mobile : utiliser la version allégée du webmail ou configurer l’application mail native du téléphone avec les paramètres IMAP/SMTP
- Erreur d’authentification IMAP : vérifier que le nom d’utilisateur saisi correspond à l’adresse e-mail complète avec le bon domaine
L’interface mobile est le talon d’Achille historique du service. Les utilisateurs qui consultent leur messagerie depuis un smartphone via le navigateur pointent régulièrement des problèmes de réactivité.
La configuration d’un client mail natif (Mail sur iOS, Gmail ou l’application mail du constructeur sur Android) avec les paramètres IMAP ci-dessus règle généralement ces frictions sans coût supplémentaire.
Netcourrier reste un choix solide pour qui souhaite une messagerie souveraine

Le 5 juillet 2024, Mailo annonce avoir reçu le soutien du gouvernement français pour son développement. Ce signal politique est notable : dans un contexte où la dépendance aux services numériques américains est ouvertement discutée dans les sphères publiques et privées, une messagerie française indépendante avec 27 ans d’historique représente un actif rare.
Face à Gmail ou Outlook, Mailo ne cherche pas à rivaliser sur l’ergonomie ou l’intégration avec des suites bureautiques. Son positionnement repose sur la souveraineté des données, l’hébergement en France, et le chiffrement natif. Pour une organisation qui souhaite que ses e-mails ne transitent pas par des serveurs soumis au Cloud Act américain, c’est une proposition concrète.
Les limites sont réelles et doivent être posées franchement. L’interface webmail est fonctionnelle mais date visuellement. L’application mobile n’existe pas en version native sur les stores, ce qui oblige à passer par un client tiers ou le navigateur. Pour un utilisateur habitué à l’écosystème Google Workspace, la transition demande un ajustement.
Mais pour un profil qui valorise le contrôle de ses données et la pérennité d’un service – 27 ans sans interruption, c’est un bilan objectif – Mailo/Netcourrier reste une option qui tient la route. Peu de services lancés en 1998 peuvent en dire autant.
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