Deux hausses du SMIC en six mois, une fusion des opérateurs de l’emploi et une revalorisation de l’allocation chômage : les changements de 2026 ne sont pas des projets en cours de discussion. Ils sont en vigueur. Ce que vous devez vérifier ou ajuster dépend de votre profil – mais dans tous les cas, les dates sont fixes et les montants sont connus.
Deux hausses du SMIC en six mois : les montants et les dates
Le SMIC a été relevé deux fois en 2026. Au 1er janvier 2026, le taux horaire brut est passé à 11,88 €, soit 1 801,80 € brut mensuel (base 35 heures hebdomadaires, sur 151,67 heures par mois), une progression de +1,18 % par rapport au niveau précédent.
Au 1er juin 2026, un second arrêté (arrêté du 22 mai 2026) a porté ce taux à 12,31 €/h brut, soit 1 867,02 € brut mensuel, en hausse de +2,41 %. Sur l’ensemble de la période janvier-juin, la progression cumulée s’établit à +3,62 % (calcul : (12,31 – 11,88) / 11,88 × 100 = +3,62 %).
| Date d’effet | Taux horaire brut | Salaire mensuel brut | Hausse |
|---|---|---|---|
| 1er janvier 2026 | 11,88 € | 1 801,80 € | +1,18 % |
| 1er juin 2026 | 12,31 € | 1 867,02 € | +2,41 % |
Pour un employeur, cela se traduit par deux obligations distinctes de mise à jour de la grille de paie. Si votre logiciel de paie n’applique pas les revalorisations automatiquement, la date du 1er juin 2026 requiert une vérification manuelle avant le traitement des bulletins de juin.
Pour un salarié payé au minimum légal, le réflexe est simple : comparer le taux horaire figurant sur le bulletin de salaire avec les montants ci-dessus selon la période concernée. Si votre salaire brut mensuel est inférieur à 1 867,02 € depuis juin 2026, signalez-le à votre employeur.
Les salariés rémunérés au-dessus du SMIC par convention collective ne sont pas directement touchés par ces revalorisations – sauf si leur salaire conventionnel se retrouvait mécaniquement en dessous du nouveau plancher légal. Dans ce cas, c’est le SMIC légal qui s’applique, quoi qu’en dise la grille de branche. Les TPE sans service RH dédié sont les plus exposées à ce risque : aucun processus de veille automatisé ne signale l’écart.
France Travail : ce que le guichet unique change concrètement
La loi n°2025-1290 du 18 décembre 2025 est entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Elle fusionne Pôle emploi, les missions locales et Cap emploi en un opérateur unique : France Travail. L’objectif est de créer un point d’entrée commun pour l’ensemble des demandeurs d’emploi, qu’ils soient allocataires du RSA, jeunes sans qualification ou travailleurs en situation de handicap – des publics qui relevaient jusqu’ici d’interlocuteurs distincts.
Pour les personnes déjà inscrites à Pôle emploi avant la fusion, le dossier est transféré automatiquement. Aucune démarche de réinscription n’est requise, mais les modalités d’accompagnement peuvent évoluer selon le profil et le parcours suivi.
La réforme prévoit également l’inscription automatique de 1,6 million de personnes sans emploi qui n’étaient pas enregistrées auprès des anciens opérateurs. Ce chiffre est significatif pour un employeur qui recrute : le vivier de candidats accessibles via France Travail s’élargit mécaniquement. Ce n’est pas une garantie de qualité ou d’adéquation, mais cela change le périmètre des profils visibles sur les outils de l’opérateur public.
Du côté des demandeurs d’emploi nouvellement inscrits, l’inscription automatique s’accompagne d’obligations d’accompagnement et de recherche active dont les modalités précises sont définies au cas par cas dans le cadre du contrat d’engagement. Si vous ignorez si vous êtes concerné par cette inscription automatique, France Travail est désormais l’interlocuteur unique pour le vérifier.
Revalorisation de l’ARE : +4,2 % au 1er janvier 2026
L’allocation retour à l’emploi (ARE) a été revalorisée de 4,2 % au 1er janvier 2026. Pour un salarié qui envisage une transition professionnelle – rupture conventionnelle, fin de CDD, démission ouvrant droit à l’ARE – ce taux améliore la base d’indemnisation calculée sur les derniers salaires. Le montant précis dépend du salaire de référence et de la durée d’affiliation : ces variables restent propres à chaque dossier et sont calculées par France Travail.
Pour un employeur, ce signal a une lecture indirecte. Une indemnisation plus élevée modifie le calcul coût/bénéfice pour les candidats qui hésitent entre accepter une offre et prolonger leur recherche. Dans un marché tendu sur certains profils, cela peut allonger la durée moyenne de recrutement et renchérir implicitement les attentes salariales des candidats les mieux indemnisés.
Ce qu’il faut vérifier maintenant
Si vous êtes employeur : vérifiez que les bulletins de salaire de janvier 2026 reflètent bien 11,88 €/h brut, et que ceux de juin 2026 passent à 12,31 €/h. Si votre paie est externalisée, demandez une confirmation écrite à votre prestataire sur les deux dates. Si certains postes sont encadrés par une convention collective, comparez le salaire conventionnel applicable avec le nouveau plancher légal – en cas de doute, c’est le SMIC qui prévaut.
Si vous êtes salarié ou demandeur d’emploi : contrôlez votre bulletin ou votre notification d’allocation selon la même grille de dates. Pour tout ce qui touche à l’accompagnement, à l’inscription ou aux droits à l’ARE, l’interlocuteur est désormais France Travail – Pôle emploi n’existe plus en tant qu’entité distincte depuis le 1er janvier 2026.
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