Marcelle Poirriez à la CACEM : l’empreinte d’une femme discrète et essentielle

Il y a des visages qui ne passent pas à la télé, mais que tout le monde reconnaît dans les couloirs. Des voix calmes qui apaisent quand les tensions montent, des mains tendues toujours prêtes à aider, sans attendre qu’on le leur demande.

Marcelle Poirriez faisait partie de ces figures silencieuses, profondément humaines, qui incarnent l’âme d’une institution.

À la CACEM, elle n’était pas “juste” une employée : elle était un repère. Sa disparition soudaine à l’âge de 52 ans a laissé un vide bien plus grand que sa fonction.

Retour sur le parcours de cette femme engagée, pilier discret d’une collectivité qui ne l’oubliera pas.

Un parcours professionnel au service du Centre de la Martinique

Marcelle Poirriez n’était pas en tête d’affiche, et c’était volontaire. Elle appartenait à ces agents de la fonction publique qui font tourner une collectivité sans chercher la lumière.

Pendant plusieurs années, elle a évolué au sein des services de la Communauté d’agglomération du Centre de la Martinique (CACEM), à Fort-de-France. Que ce soit dans l’administration interne, l’accompagnement de projets, ou le soutien aux élus, elle était connue pour sa rigueur, sa disponibilité et sa bienveillance.

Elle avait cette manière de gérer les imprévus avec calme, d’écouter les agents avec sincérité, et de répondre sans détour, mais avec tact.

Celles et ceux qui l’ont côtoyée parlent d’une collègue « toujours juste », « professionnelle, mais humaine », capable d’accompagner un élu stressé avant un conseil communautaire aussi bien qu’un jeune stagiaire perdu dans les étages. Elle connaissait les rouages de la CACEM, les visages, les habitudes, les enjeux.

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Elle avait une mémoire du terrain que ne remplace aucun logiciel de gestion.

Son engagement ne se limitait pas à la technique. Elle a notamment travaillé en lien avec la valorisation culturelle locale, en particulier dans la mise en lumière des musiques martiniquaises au sein de la commission culture. Peu savaient à quel point cette dimension lui tenait à cœur.

Les témoignages d’un leadership discret

Le 30 septembre 2024, l’atmosphère était inhabituellement silencieuse dans les locaux de la CACEM. Ce jour-là, les obsèques de Marcelle Poirriez ont réuni une centaine de collègues, agents, élus et anciens collaborateurs. Le chiffre, impressionnant, ne dit pas tout : c’est la sincérité des regards, la retenue des larmes, et les étreintes prolongées dans le hall d’entrée qui ont parlé à sa place.

Les témoignages ont fusé. Une collègue évoque avec émotion « les petits conseils du matin à la cafétéria », quand Marcelle arrivait tôt, tasse à la main, et lançait en souriant : « Aujourd’hui, ça va passer crème, tu vas voir. »

Un élu de Fort-de-France se souvient d’elle comme d’un « garde-fou souriant » : celle qui rappelait les échéances, les obligations, mais sans jamais humilier ou rabaisser. Elle savait dire non sans blesser, et oui sans fausse promesse.

C’est peut-être là le plus grand héritage de Marcelle : elle n’imposait rien, mais inspirait tout. Elle n’avait pas de titre ronflant, mais sa simple présence suffisait à faire baisser les tensions, à remettre les choses en perspective.

Elle incarnait ce que peu de managers réussissent à transmettre : une autorité naturelle, née de la constance, de l’écoute, et du respect des autres.

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Sa contribution concrète aux missions de la CACEM

La CACEM, pour rappel, gère une bonne part des fonctions vitales de quatre communes : Fort-de-France, Schœlcher, Saint-Joseph et Le Lamentin. Cela va des transports en commun à l’eau potable, en passant par l’assainissement, la gestion des déchets ou encore le développement économique.

Des domaines techniques, souvent complexes, parfois impopulaires. Et pourtant, Marcelle avait cette capacité à faire le lien, à fluidifier les rapports entre services, élus, techniciens, usagers.

Elle aurait contribué, selon plusieurs agents, à l’organisation de réunions de coordination sur la politique de gestion des déchets, mais aussi à des actions concrètes autour de l’amélioration des communications internes : mise en page de notes claires, gestion de l’agenda des élus, et suivi de projets sans éclats, mais avec efficacité.

Son rôle s’étendait aussi du côté culturel. Dans une Martinique où la musique fait vibrer les murs comme les âmes, elle défendait avec ardeur la place de la culture locale dans les projets communautaires.

Son engagement dans la commission musique n’était pas anecdotique. Elle veillait à ce que les initiatives soient portées avec sérieux, valorisées auprès du grand public, et intégrées dans une vision d’ensemble respectueuse des identités locales.

Elle incarnait ce lien entre les grands enjeux de territoire et les petites choses du quotidien, celles qui font qu’un dossier avance bien, qu’une réunion se passe mieux, ou qu’un agent ose prendre la parole.

Les circonstances et l’émotion autour de sa disparition

Le 23 août 2024, Marcelle Poirriez est retrouvée sans vie dans sa voiture, à Fort-de-France. Une nouvelle brutale, inattendue. L’émotion est immédiate, intense. La CACEM publie rapidement un message de condoléances, sobre mais éloquent, soulignant « l’engagement sans faille et l’humanité exceptionnelle » de la disparue.

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Dans les jours qui suivent, les hommages se multiplient. Certains partagés en interne, d’autres publiquement. Mais tous convergent : Marcelle laisse derrière elle un vide qu’aucune fiche de poste ne pourra combler. Une minute de silence est observée lors du conseil communautaire suivant. Des collègues prennent la parole. Même les plus réservés. C’est dire combien sa présence comptait.

Le choc est d’autant plus fort qu’elle semblait inébranlable. De ceux dont on pense qu’ils seront toujours là. Elle n’était ni malade, ni affaiblie. Juste… absente, d’un coup. Et dans le silence qui a suivi, chacun a pris conscience de ce qu’elle représentait vraiment.

Héritage et mémoire : ce que Poirriez laisse à la CACEM

Depuis sa disparition, les idées fleurissent. Certains évoquent la création d’un prix interne à la CACEM qui porterait son nom, pour récompenser un agent ayant fait preuve de solidarité ou d’initiative. D’autres aimeraient voir son nom apposé sur une salle de réunion ou un espace de détente. Mais plus encore que les symboles, c’est une façon d’être que Marcelle a imprimée dans les esprits.

Elle a montré qu’on pouvait être respecté sans écraser, compétent sans être arrogant, impliqué sans s’oublier. Son exemple rappelle que le service public est avant tout une histoire d’humains, de liens, de disponibilité. Et que derrière les acronymes, les budgets, les schémas techniques, il y a des personnes comme elle, qui rendent tout cela possible.

Aujourd’hui, ceux qui l’ont connue parlent encore d’elle au présent. Non par déni, mais parce qu’elle continue d’inspirer. Dans les couloirs de la CACEM, dans les réunions un peu tendues, ou même dans ces petits moments de pause, où un collègue entend sa propre voix lui dire : “Tu vois, là, Marcelle, elle aurait fait comme ça.”

Et si c’était ça, la vraie trace qu’on laisse ? Pas une statue, mais une manière d’agir, de parler, de travailler, qui perdure dans ceux qui restent.

Adeline Laval
Rédactrice web passionnée de business & marketing digital Curieuse de nature et entrepreneuse dans l’âme, Adeline Laval explore chaque jour les rouages du business et du marketing en ligne. Son objectif ? Démocratiser les stratégies gagnantes, partager les tendances du moment et aider chacun à mieux comprendre l’univers numérique.