Nouvelle loi BP coiffure 2024 : Simplification, accès et nouvelles règles

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Ouvrir son salon de coiffure sans avoir obligatoirement le Brevet Professionnel ? Une idée longtemps considérée comme impensable. Et pourtant, depuis l’entrée en vigueur du décret n°2024-427 du 10 mai 2024, le paysage de la coiffure en France a été bouleversé.

Cette réforme, attendue et parfois redoutée, remet les compteurs à zéro pour beaucoup de professionnels, en particulier les autodidactes, les travailleurs indépendants et les talents issus de l’expatriation. Alors, que change-t-elle vraiment ? Et que signifie-t-elle pour les futurs coiffeurs ?

Une réforme née d’une exigence européenne et d’une réalité du terrain

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Depuis plusieurs années, le secteur de la coiffure faisait face à un paradoxe : des besoins croissants en main-d’œuvre, mais un accès à l’entrepreneuriat encore trop verrouillé.

Le BP coiffure, exigé pour créer son propre salon, apparaissait comme une barrière pour de nombreux professionnels aguerris mais non titulaires du diplôme. Dans ce contexte, la France s’est alignée sur les recommandations européennes visant à fluidifier l’accès à certaines professions artisanales.

La réforme de 2024 a donc acté un changement majeur : le BP n’est plus l’unique sésame. Il est aujourd’hui possible d’ouvrir un salon avec un simple CAP, à condition de justifier de 3 ans d’expérience. Cette modification s’adresse notamment aux coiffeurs ayant exercé à l’étranger, aux auto-entrepreneurs ou aux professionnels en reconversion.

Un décret salué par les Chambres de Métiers, mais aussi par de nombreux formateurs : « Nous voyons revenir des profils mûrs, très motivés, qui n’avaient pas le BP mais ont des années de pratique », confie une responsable de CFA en région PACA.

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Un nouveau parcours vers l’ouverture de salon

Oubliez le schéma unique du CAP → BP → Salon. En 2024, plusieurs routes mènent à l’entrepreneuriat. Un coiffeur ou une coiffeuse titulaire du CAP peut désormais créer son entreprise de coiffure après 3 années d’activité professionnelle, salariée ou indépendante.

Pour celles et ceux qui n’ont pas le CAP mais plus de 5 ans d’expérience, une validation des acquis de l’expérience (VAE) est possible, ce qui était auparavant bien plus restreint.

Cela signifie que de nombreux professionnels aujourd’hui limités à la coiffure à domicile ou à la location de fauteuil peuvent, enfin, franchir le pas vers la gestion d’un vrai salon. Un levier fort d’égalité des chances, qui favorise la diversité des profils et la reconversion.

Et c’est aussi une bouffée d’air pour les campagnes, où le manque de coiffeurs se fait parfois cruellement sentir. En facilitant l’installation, la réforme joue un rôle d’aménagement du territoire, sans renoncer à la compétence : les 3 ans d’expérience exigés garantissent un certain niveau de pratique.

Un BP repensé pour rester une référence

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Attention : si le BP n’est plus obligatoire pour ouvrir, il reste hautement valorisé. La formation a même été revue en 2024 pour mieux coller aux réalités du métier.

Modules de gestion, marketing digital, techniques de coupe avancées, relation client… le contenu s’est enrichi, et s’adresse à une nouvelle génération d’entrepreneurs plus polyvalents.

En apprentissage, le parcours dure 400 heures par an, réduites à 240 heures pour les détenteurs d’un Bac pro. Les employeurs doivent aussi désigner un tuteur avec 2 ans d’expérience, assurant un meilleur encadrement.

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Les Centres de Formation enregistrent d’ailleurs une hausse de la demande depuis l’annonce de la réforme. « Certains viennent chercher une vraie montée en compétence, d’autres préparent une ouverture de salon à moyen terme. On sent un regain d’ambition », rapporte une formatrice de l’UNEC.

Un tournant pour l’entrepreneuriat et la reconnaissance des parcours

Avec cette loi, l’expérience professionnelle est enfin reconnue à sa juste valeur. Les coiffeurs qui ont passé des années au service de leurs clients, parfois sans diplôme officiel, voient leur savoir-faire légitimé.

Et pour ceux qui souhaitent aller plus loin, le BP reste une option très pertinente pour monter en gamme, voire former à leur tour.

C’est aussi une réponse indirecte à la pénurie de coiffeurs qui touche certaines zones : en facilitant les installations, la réforme crée un cercle vertueux où émulation, transmission et développement local se croisent.

Bref, 2024 marque un tournant. Moins de contraintes, mais pas moins de qualité. Une métamorphose du BP coiffure qui méritait bien une coupe franche dans les vieilles habitudes !

Adeline Laval
Rédactrice web passionnée de business & marketing digital Curieuse de nature et entrepreneuse dans l’âme, Adeline Laval explore chaque jour les rouages du business et du marketing en ligne. Son objectif ? Démocratiser les stratégies gagnantes, partager les tendances du moment et aider chacun à mieux comprendre l’univers numérique.