CARPIMKO : tout ce que les auxiliaires médicaux libéraux doivent savoir

CARPIMKO

Vous exercez en libéral comme infirmier, kinésithérapeute ou orthophoniste, et vous versez chaque année des cotisations à la CARPIMKO sans forcément savoir ce que cela vous garantit concrètement.

C’est un angle mort fréquent : les auxiliaires médicaux connaissent leur conventionnement, leur URSSAF, mais sous-estiment ce que leur caisse de retraite couvre – et surtout ce qu’elle ne couvre pas.

Qu’est-ce que la CARPIMKO et qui est concerné?

La CARPIMKO – Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs-Kinésithérapeutes, Pédicures-podologues, Orthophonistes et Orthoptistes – est l’une des dix sections professionnelles rattachées à la CNAVPL (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des Professions Libérales). Son affiliation est obligatoire dès lors que vous exercez l’une de ces cinq professions en libéral.

Fondée en 1948, elle couvre aujourd’hui environ 300 000 professionnels de santé libéraux en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer. Ce chiffre illustre son poids dans le paysage de la protection sociale des indépendants : c’est loin d’être une petite caisse de niche.

Son périmètre est strictement délimité par profession. Un médecin ou un pharmacien libéral ne dépend pas de la CARPIMKO – il relève d’autres sections de la CNAVPL. Si vous exercez l’une des cinq professions citées, vous n’avez pas le choix : l’affiliation est automatique et obligatoire à l’installation.

Les 4 régimes obligatoires gérés par la CARPIMKO

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La CARPIMKO ne se résume pas à la retraite. Elle administre quatre régimes distincts, chacun avec sa logique de cotisation et de prestation.

  • Retraite de base : régime par annuités, aligné sur les règles générales des professions libérales, géré en lien avec la CNAVPL.
  • Retraite complémentaire : régime par points, spécifique à la CARPIMKO, qui vient s’ajouter à la retraite de base pour constituer l’essentiel de votre pension réelle.
  • Invalidité-décès : couvre les risques d’incapacité permanente totale ou partielle, ainsi que le décès. Ce régime prévoit notamment une pension de réversion pour le conjoint survivant.
  • ASV (Avantage Social Vieillesse) : réservé aux professionnels exerçant dans le cadre d’une convention avec l’Assurance Maladie. La cotisation est prise en charge à 2/3 par la CPAM, ce qui en fait un avantage financier substantiel pour les conventionnés.
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Ces quatre régimes fonctionnent ensemble. Lorsque vous calculez votre future pension, vous devez agréger les droits acquis dans chacun d’eux – un point que beaucoup de libéraux négligent au moment d’évaluer leur niveau de vie à la retraite.

Comment fonctionne la retraite CARPIMKO?

Les cotisations de retraite de base 2024 s’appliquent sur deux tranches de revenus : 8,23 % jusqu’à 46 368 € (soit 1 PASS), puis 1,87 % sur la tranche comprise entre 46 368 € et 231 840 € (5 PASS).

Pour la retraite complémentaire, la cotisation comprend une part forfaitaire de 2 312 € à laquelle s’ajoute une part proportionnelle de 3 % sur les revenus compris entre 25 246 € et 237 179 € (revenus N-1).

La valeur d’achat d’un point de retraite complémentaire s’établit à 272 € en 2024. La part forfaitaire de cotisation attribue 8 points par an en 2025.

Pour un professionnel dont les revenus se situent autour de 50 000 €, le nombre de points accumulés chaque année reste modeste : il faut envisager une carrière complète pour que la somme devienne significative.

L’âge légal de départ est fixé à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968, avec 172 trimestres requis pour bénéficier du taux plein. Les assurés ayant élevé au moins trois enfants bénéficient d’une majoration de 10 % sur leur pension totale.

En cas de décès, le conjoint survivant peut percevoir une pension de réversion égale à 54 % de la pension de l’affilié, sous conditions de ressources et d’âge. C’est un filet de sécurité réel, mais dont les conditions d’accès méritent d’être vérifiées en amont, pas au moment où le besoin se présente.

Comment simuler et estimer ses droits à la retraite CARPIMKO?

CARPIMKO services

La CARPIMKO met à disposition un espace personnel en ligne où vous pouvez consulter votre relevé de points et lancer une simulation de pension.

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La logique de calcul est la suivante : nombre de points acquis multiplié par la valeur de service du point (différente de la valeur d’achat). Cette valeur de service évolue chaque année selon les décisions de la caisse.

Pour illustrer concrètement : un kinésithérapeute ayant cotisé 30 ans avec des revenus moyens de 55 000 € par an aura accumulé approximativement entre 600 et 800 points de retraite complémentaire CARPIMKO.

Si la valeur de service du point est de l’ordre de 2,70 €, cela représente une pension complémentaire annuelle brute d’environ 1 600 à 2 200 €. Ajoutez la retraite de base et l’ASV pour obtenir une image plus complète.

Pour aller plus loin dans la projection, un simulateur de rémunération de dirigeant peut vous aider à calibrer votre niveau de revenus courants et donc à anticiper vos cotisations futures.

La simulation CARPIMKO ne remplace pas un bilan retraite complet, qui devrait idéalement intégrer aussi vos trimestres validés auprès du régime général si vous avez eu une activité salariée avant de vous installer.

Arrêt de travail : quelle indemnisation prévoit la CARPIMKO?

Le dispositif s’organise en deux phases. Depuis juillet 2021, la CPAM prend en charge les indemnités journalières du 4e au 90e jour d’arrêt de travail. Ces indemnités sont calculées à hauteur de 1/730e du revenu annuel moyen d’activité (RAAM), plafonnées à 3 PASS, soit 141 300 € en 2025.

À partir du 91e jour, c’est la CARPIMKO qui prend le relais. Le montant de l’indemnité journalière s’établit à 55,44 €/jour en 2026. La durée maximale de versement est de 1 005 jours consécutifs à compter de ce 91e jour.

Pour un arrêt long – suite à une pathologie grave ou un accident – c’est la CARPIMKO qui assure l’essentiel de la couverture financière.

Depuis janvier 2025, la majoration pour enfant à charge a été revue à la baisse : elle passe de 16,63 €/jour à 8,06 €/jour. Un changement qui réduit concrètement le niveau d’indemnisation pour les professionnels avec des enfants à charge lors d’un arrêt prolongé.

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La CARPIMKO couvre des risques que beaucoup de libéraux sous-estiment

CARPIMKO adhésion

Le délai de carence de 90 jours est la principale lacune du dispositif. Pendant trois mois, vous dépendez uniquement des IJ de la CPAM, dont le montant peut être nettement inférieur à votre revenu habituel. Si vos charges de cabinet (loyer, charges fixes, remplaçant éventuel) continuent de courir pendant votre arrêt, l’écart financier peut devenir critique.

Le montant de 55,44 €/jour versé par la CARPIMKO est fixe, indépendant de vos revenus réels. Pour un kinésithérapeute dégageant 70 000 € de revenus annuels, cela représente environ 192 € par jour de revenus perdus contre 55 € d’indemnité – soit un taux de remplacement de moins de 30 %.

C’est précisément là qu’une prévoyance complémentaire privée prend tout son sens.

Souscrire un contrat de prévoyance auprès d’une compagnie d’assurance ou d’une mutuelle permet de combler ce déficit, en choisissant un délai de franchise adapté (souvent 30, 60 ou 90 jours) et un niveau de garantie journalière aligné sur vos charges réelles.

C’est une décision à prendre à l’installation, pas après le premier arrêt prolongé.

Comment s’inscrire à la CARPIMKO et gérer son espace affilié?

L’affiliation à la CARPIMKO est obligatoire et doit être effectuée dans les 30 jours suivant le début d’activité libérale. Le dossier d’inscription comprend généralement le justificatif d’inscription à l’ordre professionnel ou au répertoire ADELI/RPPS, le justificatif d’identité, et les coordonnées bancaires pour le prélèvement des cotisations.

Une fois affilié, vous accédez à l’espace personnel sur le site de la CARPIMKO. Cet espace vous permet de consulter votre relevé de carrière, le nombre de points acquis, le détail de vos cotisations versées, et d’effectuer vos démarches en ligne (déclaration de revenus, demande de simulation, mise à jour de situation familiale).

La déclaration de revenus se fait annuellement, généralement entre mai et juin pour les revenus N-1. C’est cette déclaration qui sert de base au calcul de la part proportionnelle de vos cotisations.

Un retard ou une erreur de déclaration peut entraîner une régularisation coûteuse. Anticipez, et vérifiez chaque année que les données affichées dans votre espace correspondent à vos revenus réels – les erreurs administratives existent, et c’est votre pension future qui en dépend.

La CARPIMKO, c’est un socle. Solide sur le papier, mais dimensionné pour une économie de 1948, pas pour les charges d’un cabinet libéral du XXIe siècle. À vous d’en connaître les bords précis pour construire autour.