Un texte unique remplace les anciennes conventions, une nouvelle classification en 18 classes, des salaires minimaux annuels nationaux, des règles clarifiées sur l’arrêt maladie…
Depuis le 1er janvier 2024, la Convention collective nationale de la métallurgie (IDCC 3248) redessine le quotidien de la branche. En 2025, où en est-on, et comment s’y retrouver rapidement ?
Où trouver la convention collective de la métallurgie (le bon lien, la bonne version) ?
Vous vous demandez comment accéder à ce document un peu “intimidant” qu’est la convention collective ? Bonne nouvelle : tout est accessible officiellement. Le texte officiel est publié notamment sur Légifrance (version consolidée) et sur le portail de la branche métallurgie via UIMM. Il est repérable sous l’IDCC 3248.
Petit conseil de lecteur : dès que vous recevez un bulletin de paie ou entendez « on dépend de la convention métallurgie », vérifiez bien que l’employeur mentionne «Convention collective nationale de la métallurgie – IDCC 3248». C’est cette version unique qui fait foi désormais.
Et si vous avez un ancien contrat ou un avenant qui mentionne une convention territoriale des « Industries métallurgiques de région X », alors oui : c’était l’ancien monde. Depuis le 1er janvier 2024, on est passé à un système unique pour la branche.
Pourquoi une nouvelle convention collective de la métallurgie ?


Imaginez que vous avez un vieux jeu vidéo avec 50 mises à jour à installer, toutes plus lentes les unes que les autres, et parfois incompatibles. C’était un peu le cas de la branche métallurgie. Jusqu’à fin 2023, elle reposait sur plus de 70 conventions territoriales, nationales, accords sectoriels…
Alors, passé-maîtrise : les signataires (UIMM + CFDT + CFE-CGC + FO) ont signé le nouveau texte le 7 février 2022, et l’ont fait entrer en vigueur au 1er janvier 2024. Le but ? Simplifier, moderniser, harmoniser. Résultat : pour environ 1,6 million de salariés et près de 42 000 entreprises, un cadre plus clair et plus équitable.
Concrètement : on passe d’un foisonnement de conventions à une seule pour la branche. C’est un peu comme passer d’un cartable surchargé à un seul classeur bien fichu. Au programme : classification uniforme, grille de salaires harmonisée, couverture sociale identique partout.
Quels sont les changements majeurs de la nouvelle convention collective métallurgie ?

Ah, voilà le cœur du sujet. Voici quelques-uns des gros changements qu’il fallait repérer :
- Classification unique : désormais, tous les emplois sont classés selon 6 critères – complexité, connaissances, autonomie, contribution, encadrement/coopération, communication. Ces critères mènent à une cotation, puis à 18 classes (1 à 18) regroupées en groupes A à I.
- Grille de salaires minimaux hiérarchiques (SMH) : un barème national uniforme pour chaque classe d’emploi. Exemple : en 2024, pour un groupe d’emploi «A classe 1» le minimum annuel garanti est environ 21 700 € pour 35 h/sem.
- Protection sociale complémentaire obligatoire : depuis le 1er janvier 2023, les entreprises de la métallurgie doivent proposer un régime frais de santé + prévoyance (incapacité, invalidité, décès).
- Simplification territoriale : toutes les conventions territoriales antérieures (76 ou plus) sont remplacées ou rattachées à la convention nationale.
- Heures supplémentaires, préavis, congés, etc. : certains articles ont été revus (ex : heures sup majoration 25 % puis 50 % après, contingent).
Donc oui : même si tout n’a pas changé du jour au lendemain, le cadre général est vraiment différent. Si vous êtes salarié d’un atelier, technicien ou cadre dans la métallurgie, vous allez reconnaître certaines modifications concrètes dans votre feuille de paie ou dans votre contrat.
Par exemple, votre poste pourrait voir son “libellé” de groupe/classe apparaître désormais sur votre bulletin. (C’est prévu.)
Comment fonctionne la nouvelle grille de classification (et comment se faire classer) ?

Entrons un peu dans les coulisses pour mieux comprendre, histoire de ne pas être perdu dans le jargon. Le mécanisme : on commence par documenter chaque emploi via une fiche descriptive (missions, responsabilités, interactions, autonomie).
Ensuite, on applique la méthode de cotation selon les six critères précités. Enfin, cette cotation donne un numéro de classe (1 à 18) et correspond à un groupe (A à I).
Un exemple concret : imaginons que vous soyez technicien qualité avec forte autonomie, management ponctuel, communication externe. Vous aurez peut-être une cotation élevée, ce qui peut vous placer en classe 7 ou 8 dans le groupe C ou D.
Ce classement déterminera ensuite votre SMH minimum. L’employeur doit informer par écrit le salarié de son groupe/classe.
Petite subtilité : certains salariés qui étaient considérés comme cadres jusqu’au 31 décembre 2023 peuvent-être reclassés « non-cadres » (groupes A à E) dans ce nouveau système. Des dispositions transitoires existent pour les protéger.
Convention collective de la métallurgie 2024 vs 2025 : qu’est-ce qui évolue ?
Vous vous demandez sans doute : « Ok, j’ai compris pour 2024, mais en 2025, qu’est-ce qui se passe ? » Bonne question. En 2024, l’essentiel du cadre unique est rentré en vigueur (classification, SMH, etc.). En 2025, on s’attache à la mise en œuvre pleine, à la veille des revalorisations, et aux ajustements.
Par exemple, la grille des SMH sera régulièrement actualisée chaque année en fonction du SMIC, de l’inflation ou des négociations de branche. Un document fin 2024 indique que la grille base 35 h à compter du 1er janvier 2024 liste des montants comme 21 700 € pour A1 ou 22 450 € pour B3.
En 2025, donc, il faudra que les entreprises vérifient :
- que la classification a bien été appliquée à tous les salariés,
- que les bulletins de paie affichent correctement les groupes/classe,
- et que les SMH applicables sont à jour.
Bref, 2025, c’est l’année « on fait le ménage et on stabilise ». Du côté salarié, restez attentif à la mention de votre groupe et à votre rémunération.
Grille de salaire 2025 : à quel SMH ai-je droit selon ma classe ?

Entrons dans le concret : oui, il y a des chiffres. En 2024, on a par exemple comme référence : groupe A classe 1 → 21 700 € annuel minimum pour un temps plein 35 h. Groupe B classe 3 → 22 450 €. Ces montants sont issus de l’Annexe 6 de la convention.
Bien sûr, selon que vous travaillez à temps partiel ou que vous êtes soumis à un forfait jour, le montant sera adapté. Mais cela vous donne une base solide pour vérifier.
La grille 2025 sera forcément alignée ou supérieure (du fait de l’inflation, du SMIC, etc.). L’employeur ne peut pas payer moins que ce minimum. C’est une sorte de plancher social pour votre rémunération.
En tant que salarié : vérifiez sur votre bulletin de paie – groupe X, classe Y, puis recherchez dans la grille « SMH groupe X classe Y ». En tant que RH : paramétrez bien votre logiciel paie, car ce plancher change la donne et les logiciels doivent l’intégrer.
Comment connaître le salaire mini prévu par la convention métallurgie pour mon poste ?
Alors, vous avez peut-être le même intitulé de poste qu’un copain dans une autre boîte, mais cela ne suffit pas. Ce qui compte ce sont :
- le groupe/classe dans lequel votre emploi est inscrit,
- le SMH correspondant à ce groupe/classe,
- votre durée de travail (35 h ou autre) qui peut faire évoluer le montant.
Premier réflexe : demandez à votre employeur ou à votre service paie la fiche descriptive de votre emploi (qui devrait avoir été établie). Ensuite, repérez votre groupe et votre classe. Puis comparez avec la grille. Par exemple, si vous êtes en groupe C classe 6, vous allez voir que le minimum annuel est supérieur à celui de groupe A classe 1. Vous avez donc une visibilité.
Dernière astuce : si vous constatez que votre rémunération brute annuelle est en dessous du SMH, vous pouvez interpeller votre employeur ou vos représentants du personnel. Ce plancher est conventionnel, et il peut y avoir un « rattrapage ». Ne restez pas dans l’ignorance.
Convention collective de métallurgie et arrêt maladie : quel maintien de salaire ?

Ok, le sujet est un peu moins fun, mais tout aussi important. Si vous tombez malade, que se passe-t-il dans la branche métallurgie ? Le nouveau texte prévoit un maintien partiel ou total du salaire selon ancienneté et catégorie d’emploi.
Exemple concret : un salarié non-cadre ayant trois ans d’ancienneté ou plus peut bénéficier d’un maintien après un certain délai d’attente. Pour les cadres reclassés ou non-cadres, l’article 68 prévoit des dispositions de transition si leur statut change.
En pratique : vérifiez votre convention d’entreprise (ou l’accord applicable) qui peut prévoir des garanties supérieures. Mais vous êtes déjà protégé par le texte de base de la branche. C’est une bonne nouvelle.
Et côté RH : prévoir les absences, bien informer le salarié, et appliquer le maintien conventionnel. Une fois encore : attention à la mise en œuvre, car un simple oubli peut coûter cher socialement.
Quelles check-lists RH/Managers pour être 100 % en règle en 2025 ?
Avant de fermer cet article, voici une mini-check-list à cocher pour être tranquille :
- Vous avez bien identifié tous vos postes et leurs fiches descriptives.
- Chaque poste a été coté selon la méthode (6 critères) et reçoit un groupe/classe.
- Vos bulletins de paie mentionnent désormais le groupe/classe ou vous avez prévu une information explicative.
- Les rémunérations sont au-dessus ou égales aux SMH du groupe/classe correspondant.
- Vos garanties de santé et prévoyance sont conformes au nouveau régime obligatoire depuis le 1er janvier 2023.
- Vous avez anticipé les revalorisations et fixé une veille pour 2025 (et plus) sur les minima de branche.
Et pour le salarié : demandez votre fiche descriptive, vérifiez votre groupe/classe, comparez avec la grille, et posez des questions. Ce n’est pas “juste du papier” – c’est votre cadre de carrière, de rémunération, de reconnaissance.
En résumé : la nouvelle convention collective de la métallurgie constitue un véritable tournant social pour cette branche historique. Elle instaure plus de transparence, plus d’équité, et surtout un plancher commun pour les salariés.
Si vous êtes dans cette branche, que vous soyez ouvrier, technicien ou cadre, prenez le temps de vérifier votre situation : c’est un droit, et c’est une vraie opportunité. Bonne vérification !
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